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Boiler à pompe à chaleur : la cave décide avant le prix

Un boiler électrique de plus de vingt ans, deux appareils à pompe à chaleur, 1’000 francs d’écart. Ce qui a tranché : l’air de la cave, l’écoulement à côté, et un calcul d’électricité fait honnêtement.

ANODERÉSISTANCEEAU FROIDE

Un studio de la Riviera, une cave en sous-sol, et au mur un boiler électrique dont l’étiquette porte un détartrage daté de 2004 : l’appareil a donc plus de vingt ans. Il fonctionne encore, mais à cet âge la cuve se fatigue et une fuite peut arriver n’importe quel jour. La propriétaire voulait le remplacer avant qu’il ne décide pour elle, et posait la question que tout le monde pose : « Une pompe à chaleur, ça vaut vraiment la peine ? » Nous lui avons proposé deux appareils, avec un écart d’environ 1’000 francs entre eux. Ce n’est pas le prix qui a tranché en premier. C’est la cave.

≈ 2 kWhde chaleur par kWh d’électricité (hybride, notice)
13 à 20 m³d’air demandés dans la cave selon le modèle
53 °Cplafond de la pompe à chaleur seule

Deux machines pour un même mur

Un boiler à pompe à chaleur — on dit aussi chauffe-eau thermodynamique — fonctionne comme un réfrigérateur à l’envers : un ventilateur aspire l’air de la cave, un évaporateur en capte la chaleur, un compresseur la concentre et un serpentin la cède à l’eau de la cuve. L’électricité ne chauffe plus l’eau directement : elle déplace de la chaleur qui est déjà là. Pour ce studio, deux variantes tenaient sur le même mur.

  • L’hybride de 100 litres. Une petite pompe à chaleur de 190 à 220 W qui fait l’essentiel du travail jusqu’à 53 °C, et une résistance de 1’200 W qui prend le relais pour aller plus vite ou plus chaud. Compact : 1,15 m de haut, 44 kg à vide. Il demande au moins 13 m³ d’air.
  • Le tout-pompe-à-chaleur de 110 litres. Un rendement annoncé plus élevé — jusqu’à 3,4 kWh de chaleur par kWh consommé — et un appareil un peu plus silencieux sur le papier, 45 contre 49 dB(A). Mais 1,40 m de haut, et au moins 20 m³ d’air.
  • Le point commun. Les deux tournent en 230 V, comme l’ancien boiler, ont un cycle anti-légionelles automatique et une double protection de la cuve contre la corrosion. Le raccordement électrique reste l’affaire d’un électricien : ce n’est pas notre métier, nous coordonnons.
La cave du studio : un boiler électrique de plus de vingt ans, et beaucoup d’air autour. C’est la première chose qu’on regarde avant de parler pompe à chaleur.
La cave du studio : un boiler électrique de plus de vingt ans, et beaucoup d’air autour. C’est la première chose qu’on regarde avant de parler pompe à chaleur.

Ce que la cave doit offrir

Avant le catalogue, il y a le local. Une pompe à chaleur de boiler vit de l’air qui l’entoure ; si on la pose dans un placard, elle refroidit son propre placard, travaille de plus en plus mal et finit par laisser la résistance faire tout le travail — c’est-à-dire redevenir un boiler électrique, en plus cher. Trois conditions se vérifient sur place, mètre en main.

  • Le volume d’air. 13 m³ au minimum pour l’hybride, 20 m³ pour le tout-pompe-à-chaleur. En dessous, il faut des gaines vers l’extérieur — et des trous dans les murs.En savoir plus →
  • Un écoulement à portée. L’appareil produit de l’eau de condensation, en plus des gouttes de la soupape. Il lui faut une évacuation proche, avec une arrivée libre au-dessus.En savoir plus →
  • Un air entre 10 et 40 °C. C’est la plage de travail de la pompe à chaleur. Une cave enterrée et hors gel y reste toute l’année ; un garage ouvert l’hiver, non.En savoir plus →

Dans ce studio, les trois cases étaient cochées d’emblée. La cave est spacieuse, bien au-delà des 20 m³ du plus exigeant des deux modèles : aucune gaine, aucune traversée de mur. Et un écoulement existait déjà, à un mètre du boiler.

L’écoulement existant, à côté du boiler : il recevra l’eau de condensation et la soupape de sécurité. Quand il n’existe pas, il faut le créer — et le devis change.
L’écoulement existant, à côté du boiler : il recevra l’eau de condensation et la soupape de sécurité. Quand il n’existe pas, il faut le créer — et le devis change.
Illustration : le tuyau des condensats s’arrête au-dessus de l’entonnoir, sans y plonger. Cette petite garde d’air empêche tout retour de l’égout vers l’appareil.
Illustration : le tuyau des condensats s’arrête au-dessus de l’entonnoir, sans y plonger. Cette petite garde d’air empêche tout retour de l’égout vers l’appareil.

Le calcul d’électricité, fait honnêtement

C’est ici que les brochures exagèrent le plus, dans un sens comme dans l’autre. Le calcul tient pourtant en une ligne de physique : pour chauffer un litre d’eau d’un degré, il faut 1,163 Wh. Une personne qui prend une douche de cinq minutes par jour et fait un peu de vaisselle utilise environ 50 litres d’eau à 40 °C, réchauffée depuis une eau de réseau à 10 °C. Pour deux personnes, cela fait environ 1’270 kWh de chaleur par an.

Un boiler électrique fournit ces 1’270 kWh en consommant autant d’électricité. L’hybride, avec ses 2 kWh de chaleur par kWh consommé, divise par deux. Le tout-pompe-à-chaleur, si l’on retient prudemment 3 plutôt que les 3,4 annoncés, divise par trois. À 30 centimes le kWh, l’hybride économise environ 190 francs par an face à l’électrique, et le tout-pompe-à-chaleur environ 255. La différence entre les deux machines : une soixantaine de francs par an.

« Pour deux personnes, l’appareil le plus performant met plus de quinze ans à rembourser son écart de prix. Plus longtemps qu’il ne durera. »

Le calcul change complètement avec une famille de quatre ou cinq personnes : l’écart d’économie double ou triple, et le modèle le plus performant se rembourse en quelques années. C’est pour ça qu’on ne répond pas à la question « lequel est le meilleur ? » sans demander d’abord combien de personnes prennent une douche. Faites le calcul avec vos propres chiffres :

Le calcul d’électricité, avec vos chiffres

Quatre valeurs suffisent. L’outil compare un boiler électrique, un hybride et un tout-pompe-à-chaleur, sur un an et sur quinze ans — et vous dit en combien de temps l’appareil le plus cher rembourse son écart de prix.

Ce qui a fait pencher la balance

Pour ce studio, tout allait dans le même sens. L’hybride est plus compact, plus léger, moins cher à l’achat, et sa réserve suffit largement : une cuve de 100 litres chauffée fournit environ 118 litres d’eau à 40 °C d’un coup, une fois mélangée au robinet. Deux douches et la vaisselle font à peu près 105 litres. La propriétaire a choisi l’hybride, et la pose est prévue ce mois d’octobre : une journée de travail, dépose de l’ancien appareil comprise.

Le mot du technicienHector Cabrera — 27 ans de terrain

« Je ne vends jamais une pompe à chaleur de boiler sans être descendu à la cave. Le jour où on la pose dans un réduit fermé, elle refroidit son réduit, elle se met à tourner sur sa résistance, et le client paie une machine à 4’000 francs pour avoir un boiler électrique. Ici, la cave était grande, l’écoulement à un mètre : c’était le bon cas. Et pour deux personnes, j’ai conseillé le modèle le moins cher des deux. Les chiffres le disaient, je n’allais pas leur faire dire autre chose. »

Les raccords d’origine sous l’ancien boiler. Le groupe de sécurité se remplace à neuf avec l’appareil : c’est lui qui protège la cuve contre la surpression.
Les raccords d’origine sous l’ancien boiler. Le groupe de sécurité se remplace à neuf avec l’appareil : c’est lui qui protège la cuve contre la surpression.

Les 53 °C et les légionelles

Un point mérite d’être dit franchement. La pompe à chaleur seule monte l’eau à 53 °C, pas plus — un peu sous les 55 °C qu’on recommande de tenir en continu contre les légionelles. Le fabricant le sait : si l’eau n’a pas atteint 60 °C pendant au moins une heure au cours des trente derniers jours, l’appareil lance seul un cycle de désinfection avec sa résistance. C’est une bonne protection, à une condition : qu’il reste branché.

Ne coupez jamais le courant d’un boiler à pompe à chaleur, même pour trois semaines de vacances. Sans tension, plus de cycle anti-légionelles, plus de protection antigel, et plus de protection de la cuve : l’anode qui la protège de la corrosion fonctionne avec un petit courant électrique. Au retour d’une longue absence, faites simplement couler l’eau chaude quelques instants à chaque robinet.
Illustration : les ailettes de l’évaporateur, capot ouvert. La poussière qui s’y dépose freine l’échange ; le fabricant recommande un nettoyage une fois par an.
Illustration : les ailettes de l’évaporateur, capot ouvert. La poussière qui s’y dépose freine l’échange ; le fabricant recommande un nettoyage une fois par an.

Quand nous la déconseillons

Une pompe à chaleur de boiler n’est pas la bonne réponse partout. Nous la déconseillons quand le local est trop petit et qu’aucune gaine n’est possible, quand il n’y a pas d’écoulement et que le créer coûte plus que l’économie de plusieurs années, ou quand l’appareil serait posé dans une pièce chauffée : la chaleur qu’il prend à l’air, c’est alors votre chauffage qui la fournit. Dans ces cas-là, un bon boiler électrique bien isolé, réglé à la bonne température et détartré à temps reste un choix honnête.

Ordre de grandeur pour un appareil de 100 à 110 litres posé dans une cave qui s’y prête : entre 3’500 et 5’000 francs HT environ, dépose de l’ancien boiler, groupe de sécurité neuf, raccordements et mise en service compris. Le raccordement électrique par votre électricien est en sus. Une cave sans écoulement, ou qui demande des gaines, sort de cette fourchette — c’est pour ça qu’on se déplace avant de chiffrer.

Le prix vient en dernier. D’abord la cave : l’air, l’écoulement, la température. Ensuite le nombre de douches. Et seulement alors l’appareil — souvent pas le plus cher.

Questions fréquentes

Un boiler à pompe à chaleur consomme-t-il vraiment moins qu’un boiler électrique ?
Oui, parce qu’il ne chauffe pas l’eau directement : il prend la chaleur de l’air ambiant et la transfère à l’eau. Un modèle hybride fournit environ 2 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité, un tout-pompe-à-chaleur jusqu’à 3 environ. L’économie réelle dépend surtout du nombre de personnes : pour deux personnes, comptez de l’ordre de 190 à 255 francs par an à 30 centimes le kWh.
Quelle taille de local faut-il pour un boiler à pompe à chaleur ?
Cela dépend du modèle : les notices demandent typiquement entre 13 et 20 m³ d’air au minimum. En dessous, il faut raccorder l’appareil à des gaines vers l’extérieur. Le local doit aussi rester entre environ 10 et 40 °C et disposer d’un écoulement proche pour l’eau de condensation.
Hybride ou tout-pompe-à-chaleur : lequel choisir ?
Le tout-pompe-à-chaleur consomme moins, mais coûte plus cher et demande plus d’air. Pour une ou deux personnes, l’écart d’économie est faible et l’hybride est souvent le choix raisonnable. Pour une famille de quatre ou plus, le modèle le plus performant se rembourse beaucoup plus vite. On compare toujours avec le nombre réel de douches, pas avec la brochure.
Un boiler à pompe à chaleur protège-t-il contre les légionelles ?
Oui, à condition de rester sous tension. La pompe à chaleur seule monte l’eau à 53 °C environ ; l’appareil lance donc automatiquement un cycle de désinfection à 60 °C avec sa résistance quand l’eau n’a pas été assez chaude pendant plusieurs semaines. Ne le débranchez pas pendant les vacances.
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Le volume d’air

m3/h

Une pompe à chaleur de boiler prend sa chaleur dans l’air du local. Chaque heure de fonctionnement, elle rend cet air un peu plus frais. Dans un grand volume, l’effet se dilue et l’air garde sa température ; dans un petit, il se refroidit, l’appareil travaille de plus en plus mal et laisse sa résistance faire le travail.

D’où le minimum inscrit dans chaque notice : 13 m³ pour l’hybride de l’article, 20 m³ pour le tout-pompe-à-chaleur. Pour se représenter : 20 m³, c’est une cave d’un peu plus de 3 mètres sur 3, sous 2,2 mètres de plafond.

Si le local est trop petit : on raccorde l’appareil à des gaines qui prennent et rejettent l’air ailleurs, souvent dehors. C’est possible, mais il faut traverser des murs, et un air extérieur froid en hiver fait baisser le rendement. Chez la propriétaire de l’article, la cave dépassait largement les 20 m³ : aucune gaine.

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Un écoulement à portée

Une pompe à chaleur refroidit l’air ; l’humidité qu’il contient se condense sur l’évaporateur, exactement comme sur un climatiseur. Cette eau, plus ou moins abondante selon l’humidité de la cave, doit partir quelque part. S’y ajoutent les gouttes de la soupape du groupe de sécurité, qui s’ouvre un peu à chaque chauffe parce que l’eau se dilate.

Ce qu’il faut : un écoulement proche, avec un siphon, où le tuyau des condensats arrive librement au-dessus de l’entonnoir. Cette garde d’air empêche que l’égout ne remonte un jour vers l’appareil. L’eau des condensats n’est pas potable.

Quand il n’y en a pas : il faut le créer, ou poser une petite pompe de relevage. C’est faisable, mais c’est un poste à part dans le devis — et la raison pour laquelle on ne chiffre pas un boiler à pompe à chaleur sans avoir vu le local.

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Un air entre 10 et 40 °C

La pompe à chaleur ne travaille que si l’air qu’elle aspire est dans sa plage : entre 10 et 40 °C pour l’hybride de l’article. En dehors, l’appareil bascule de lui-même sur sa résistance électrique. Vous avez toujours de l’eau chaude ; vous payez simplement le prix d’un boiler électrique pendant ce temps.

Les bons locaux : une cave enterrée, une buanderie, une chaufferie — des pièces qui gardent une température stable toute l’année, hors gel. Les mauvais : un garage ouvert l’hiver, un local en façade nord mal isolé, un grenier qui gèle.

Et une pièce chauffée ? L’appareil y fonctionne très bien, mais la chaleur qu’il prend à l’air, c’est votre chauffage qui la remplace. L’économie se déplace plus qu’elle ne se crée.

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On compare les boilers par la contenance de leur cuve, mais ce n’est pas ce que vous utilisez. L’eau de la cuve est plus chaude que celle de la douche : au robinet, elle se mélange à l’eau froide. Ce qui compte, c’est la quantité d’eau à 40 °C qu’on peut tirer d’un coup.

Les chiffres des deux appareils de l’article : l’hybride de 100 litres fournit environ 118 litres à 40 °C, le tout-pompe-à-chaleur de 110 litres environ 136 litres — selon les mesures des fabricants. Une douche de cinq minutes en consomme 40 à 45, la vaisselle à la main 10 à 15.

Le calcul à faire chez vous : comptez les douches qui se suivent au moment le plus chargé de la journée, ajoutez la cuisine, et comparez à ce chiffre — pas aux litres de la cuve. Entre deux pointes, la cuve se recharge d’elle-même.

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Sept heures pour une cuve, et le BOOST

Une pompe à chaleur de boiler consomme environ 200 watts : six fois moins que la résistance d’un boiler électrique. La contrepartie, c’est le temps. Pour l’hybride de l’article, le fabricant mesure le chauffage d’une cuve entière, de 10 à 53 °C, en 12 h 18 en mode le plus économe, 7 h 03 en mode automatique, et 3 h 13 en BOOST, pompe et résistance ensemble.

En pratique, ça ne se voit presque jamais : la cuve n’est pas vidée chaque jour, elle se recharge au fil des heures. Le mode automatique observe vos habitudes sur quelques semaines et chauffe juste avant vos pointes.

Le seul cas à prévoir : des invités, des douches longues, une journée inhabituelle. Lancez un BOOST une ou deux heures avant, ou programmez une température plus haute pour l’heure des douches : la résistance complète alors la pompe.

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Cinq minutes par an : l’évaporateur et les condensats

Un boiler à pompe à chaleur ne demande presque rien, mais il demande quelque chose. Il aspire l’air de la cave, et avec lui sa poussière, qui se dépose sur les ailettes de l’évaporateur. Plus elles sont encrassées, moins la chaleur passe, et plus la résistance électrique prend le relais — sans que rien ne s’affiche.

Ce que recommande le fabricant : un nettoyage de l’évaporateur une fois par an, et un contrôle de l’écoulement des condensats. À coupler avec le contrôle du groupe de sécurité et de l’anode, cela tient dans un passage court.

Ce que vous pouvez surveiller vous-même : rien posé contre l’appareil, l’air qui circule librement autour, et le siphon de l’écoulement. Une odeur d’égout près du boiler ? Le siphon s’est asséché : un verre d’eau suffit.

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