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L’eau qu’on remet dans un circuit fermé décide de la fuite suivante

Deux perforations en deux mois sur le même réseau. L’eau prélevée mesure 93 µS/cm — presque déminéralisée — et sort pourtant marron. Ce que quatre chiffres disent, comment vérifier qu’ils ne mentent pas, et pourquoi on ne remplit jamais un chauffage depuis un adoucisseur.

L’appel arrive en pleine journée de purge : une tache au plafond du rez, dans un bâtiment de santé de la Riviera dont le réseau de chauffage a moins de dix ans. Sous le calorifuge découpé, un cratère de quelques millimètres et une auréole de produit de corrosion. Ce n’est pas un raccord qui suinte : c’est la paroi du tube qui a été percée de l’intérieur. Et c’est la deuxième perforation en deux mois sur le même réseau, à un étage de distance de la première.

Quand un tube récent se perce deux fois, la question n’est plus « comment on répare ». Elle est : qu’est-ce qu’il y a dans l’eau ? Ce jour-là, avant de remettre en pression, nous avons prélevé un échantillon des boucles concernées et sorti l’appareil de mesure. Voici ce qu’il a dit, et surtout comment on vérifie qu’il ne raconte pas n’importe quoi.

93 µS/cmconductivité de l’eau du réseau
~1290 Lvolume réel du circuit, compté au remplissage
2perforations en deux mois

Une eau presque déminéralisée — et pourtant marron

Quatre valeurs, prises sur le même échantillon, à 24-25 °C :

MesureValeur lueCe que ça dit
Conductivité93 µS/cmTrès basse. Une eau de réseau suisse se situe plutôt entre 300 et 600.
Solides dissous (TDS)46 ppmEnviron la moitié de la conductivité : cohérent, la mesure se tient.
Salinité0,00 %Pas de sel — donc pas d’eau adoucie dans ce circuit.
pH9,77Nettement alcalin, ce qui est normal pour une eau déminéralisée en contact avec de l’acier.

Traduit : ce circuit a été rempli d’eau déminéralisée, et c’est la bonne pratique. Moins l’eau contient d’ions, moins elle conduit de courant de corrosion ; au contact de l’acier, elle s’alcalinise d’elle-même et passive la surface. C’est tout le principe du régime dit « pauvre en sels ».

Et pourtant, l’eau sortie de ces boucles est marron et trouble. Du marron dans un circuit de chauffage, ce n’est pas de la saleté : ce sont des oxydes de fer en suspension. De l’acier qui est parti en solution et qui circule. Une eau chimiquement « correcte » et un réseau qui rouille quand même : c’est exactement le genre de contradiction qui doit déclencher une analyse, pas une réparation de plus.

La perforation vue de près, avec son produit de corrosion. Un cratère isolé de quelques millimètres, pas une usure générale du tube.
La perforation vue de près, avec son produit de corrosion. Un cratère isolé de quelques millimètres, pas une usure générale du tube.
Le même tube une fois nettoyé : la piqûre est ponctuelle et le métal autour est sain. C’est la signature d’une corrosion localisée, pas d’un tube en fin de vie.
Le même tube une fois nettoyé : la piqûre est ponctuelle et le métal autour est sain. C’est la signature d’une corrosion localisée, pas d’un tube en fin de vie.

Quatre chiffres ne valent rien s’ils ne se tiennent pas entre eux

Un appareil de mesure combiné coûte quelques dizaines de francs et affiche quatre grandeurs avec deux décimales. Cet air d’exactitude est trompeur : dans une eau très peu conductrice, une sonde pH bon marché non calibrée dérive énormément, précisément parce qu’il y a trop peu d’ions pour que l’électrode se stabilise. Un circuit déminéralisé est le pire terrain possible pour ce type de sonde.

Il existe heureusement un contrôle gratuit, et il tient en une phrase : un pH élevé impose une conductivité minimale. Les ions hydroxyde qui font l’alcalinité conduisent eux-mêmes le courant. Si les deux lectures ne sont pas compatibles, l’une des deux est fausse — et il vaut mieux le savoir avant qu’elle ne figure dans un rapport client.

L’ordre de grandeur se retient facilement :

Si le pH vaut……la conductivité ne peut pas être inférieure à
9,5environ 8 µS/cm
10,6environ 99 µS/cm
11,6environ 990 µS/cm

Appliqué à notre échantillon : à pH 9,77, le minimum imposé est d’environ 15 µS/cm. Nous en mesurons 93. Les deux valeurs tiennent ensemble — et le pH maximal encore compatible avec 93 µS/cm serait d’environ 10,6, ce qui laisse de la marge. Le contrôle ne prouve pas que la mesure est juste ; il prouve qu’elle n’est pas impossible. À l’inverse, un afficheur qui annoncerait 11,6 avec la même conductivité se contredirait d’un facteur dix, et il faudrait tout recommencer.

Les deux lectures qu’on croise systématiquement : pH d’un côté, conductivité de l’autre, sur le même échantillon et à la même température.
Les deux lectures qu’on croise systématiquement : pH d’un côté, conductivité de l’autre, sur le même échantillon et à la même température.
Deux réflexes qui coûtent cinq minutes. Calibrer la sonde pH avec des solutions tampons 7 et 10 avant de s’y fier. Et vérifier que le TDS affiché vaut environ la moitié de la conductivité : si ce rapport ne tombe pas, c’est l’appareil entier qu’il faut remettre en question, pas seulement le pH.

Vos deux mesures se tiennent-elles ?

Entrez le pH et la conductivité lus sur le même échantillon. Le calcul ci-dessous vérifie que les deux lectures sont physiquement compatibles — c’est le contrôle qui attrape une sonde qui dérive avant qu’un chiffre faux ne parte chez le client.

Avec quoi remplit-on un circuit fermé ?

C’est la question qui décide de la durée de vie d’un réseau, et elle se tranche en trois lignes :

  • Eau déminéralisée — c’est la bonne. Peu d’ions, donc peu de courant de corrosion. Au contact de l’acier, elle s’alcalinise et forme la couche qui protège le métal. C’est le régime pauvre en sels des règles de l’art allemandes, aujourd’hui la référence en Suisse aussi.
  • Eau adoucie — jamais. Un adoucisseur ne retire pas les sels : il échange le calcium et le magnésium contre du sodium. La conductivité ne baisse pas, elle se maintient ou monte. Plus de sel signifie plus de corrosion, et le sodium ne forme aucune couche protectrice. L’adoucisseur sert à l’eau chaude sanitaire et aux appareils ménagers, pas à remplir un chauffage.
  • Eau de réseau brute — le moindre mal. Elle apporte de l’oxygène, des chlorures, des sulfates et 300 à 600 µS/cm, et son calcaire précipite sur les surfaces chaudes. Acceptable pour un appoint ponctuel sur une petite installation ; à éviter dès qu’il s’agit de remplir un réseau entier.
Le piège le plus fréquent est matériel, pas théorique : un adoucisseur installé à côté de la vanne de remplissage du chauffage. Tôt ou tard, quelqu’un de bien intentionné s’en sert, parce que « c’est l’eau traitée ». Cela se dit à voix haute sur le chantier, cela s’écrit sur une étiquette collée à la vanne, et cela ne se suppose jamais connu.

Autre règle, moins connue : on ne change pas de régime en cours de route. Si un réseau tourne déjà en eau déminéralisée, y introduire de l’eau brute ou adoucie détruit la passivation en place. On continue avec ce qui est là — c’est pour cela qu’un remplissage se prépare avec des cartouches, et pas avec un tuyau d’arrosage.

Deux cartouches déminéralisantes montées en série pour le remplissage : la première dégrossit, la seconde affine. Le montage en série évite de jeter une résine à moitié neuve.
Deux cartouches déminéralisantes montées en série pour le remplissage : la première dégrossit, la seconde affine. Le montage en série évite de jeter une résine à moitié neuve.

Le cercle vicieux : chaque remplissage prépare le suivant

Voilà pourquoi une eau presque déminéralisée peut quand même sortir marron. À chaque fuite, on vidange ; à chaque vidange, on remplit ; et chaque remplissage réintroduit une charge complète d’oxygène dissous. L’oxygène est le carburant de la corrosion de l’acier. La réparation d’aujourd’hui alimente donc la perforation de demain.

« Un réseau qui a fui deux fois ne se soigne pas en réparant la troisième fuite. »

L’oxygène n’entre pas uniquement par les remplissages. Avant d’accuser l’eau, on regarde toujours les trois autres portes : un vase d’expansion mal pressurisé ou dont la membrane laisse passer l’air, des purgeurs automatiques qui aspirent dès que la pression descend, et une pression insuffisante aux points hauts de l’installation. Ces trois vérifications se font en une visite et ne coûtent presque rien ; elles évitent parfois toute la suite.

Ce qui se perd en dix secondes

Deux données disparaissent définitivement à l’instant où l’on rouvre la vanne de remplissage — et les deux sont gratuites.

L’échantillon. L’eau vieille est le seul témoin de ce qui s’est passé dans le réseau. Une fois remplacée, il n’y a plus rien à analyser. Une bouteille remplie à ras bord, sans bulle d’air, bouchée, étiquetée avec la date, l’heure et le point de prélèvement : c’est tout ce qu’il faut. Et surtout, on n’ajoute aucun produit — pas d’inhibiteur, pas de traitement — avant d’avoir le résultat, sous peine de fausser l’analyse qu’on vient de payer.

Les litres. Un réseau vide est la seule occasion de connaître son volume réel, un chiffre que presque personne ne possède. Sur ce chantier, le compteur du groupe de remplissage a affiché 1293 litres : c’est désormais une donnée du bâtiment. Elle sert à doser un inhibiteur, qui se dose en pourcentage du volume ; à dimensionner un désembouage ou un filtre ; et à justifier ce qui est facturé. Si personne ne compte ce jour-là, on devinera pendant des années.

Le totalisateur en fin de remplissage : 1293 litres, et 3 µS/cm en sortie de cartouche. Le volume du réseau se connaît ce jour-là ou jamais.
Le totalisateur en fin de remplissage : 1293 litres, et 3 µS/cm en sortie de cartouche. Le volume du réseau se connaît ce jour-là ou jamais.

Ce qu’on demande au laboratoire

Une analyse d’eau de chauffage coûte quelques centaines de francs et se demande avec une liste précise. Chaque paramètre tranche une question :

  • pH et conductivité — les vraies valeurs, mesurées au laboratoire, qui confirment ou corrigent ce qu’a affiché l’appareil de chantier.
  • Zinc dissous — la question du matériau. Du zinc dans l’eau signifie qu’une couche galvanisée se dissout quelque part dans le circuit.
  • Oxygène dissous — la question de l’étanchéité à l’air. Une valeur élevée désigne une entrée d’air, donc un tout autre remède.
  • Fer total — combien d’acier est déjà parti. C’est la mesure de l’avancement, pas de la cause.
  • Chlorures et sulfates — les ions qui produisent la corrosion par piqûres, celle qui perce un tube sain sans l’amincir.

Zinc et oxygène sont les deux paramètres décisifs, parce qu’ils séparent les deux hypothèses qui expliquent une piqûre : un revêtement qui se dissout, ou de l’air qui entre. On demande toujours les deux — l’un sans l’autre laisse la moitié de la question ouverte.

Le mot du technicienHector Cabrera — 27 ans de terrain

« Avant de conclure quoi que ce soit sur l’eau, il faut savoir quel métal elle touche. Et c’est là qu’on se trompe le plus facilement : un tube en acier au carbone à sertir porte du zinc à l’extérieur, pour le stockage et le montage — vu sous le calorifuge, il a tout l’air d’un tube galvanisé, alors qu’à l’intérieur c’est de l’acier nu. Noter « galvanisé » d’après l’extérieur, c’est se tromper de diagnostic pour des mois. Une lampe et trente secondes suffisent : on regarde l’intérieur du tube par la perforation ou par un raccord ouvert. Brillant et argenté, c’est galvanisé à l’intérieur. Gris sombre, c’est de l’acier nu. Et on le photographie, parce que c’est ce détail-là qui décide de tout le reste. »

Ce que nous ne disons pas encore

À l’heure où cet article paraît, l’analyse de laboratoire n’est pas revenue. Nous avons donc deux hypothèses cohérentes et aucun verdict : soit une couche galvanisée qui se dissout dans une eau alcaline, soit de l’oxygène qui entre à chaque cycle et entretient la corrosion. Les deux expliqueraient des piqûres ponctuelles dans un métal par ailleurs sain. Une seule sera vraie, et c’est le laboratoire qui le dira.

Écrire cela plutôt qu’un diagnostic définitif, c’est aussi le métier. Un rapport qui tranche sans preuve fait perdre du temps et de l’argent au propriétaire : on traite la mauvaise cause, la fuite suivante arrive quand même, et la confiance part avec. En attendant le résultat, ce qui est certain tient en trois lignes : le réseau est en régime pauvre en sels et doit y rester, chaque vidange doit être comptée et échantillonnée, et personne ne remplit ce circuit depuis un adoucisseur.

Questions fréquentes

Peut-on remplir un chauffage avec de l’eau adoucie ?
Non. Un adoucisseur n’enlève pas les sels dissous : il échange le calcium et le magnésium contre du sodium. La conductivité de l’eau ne baisse donc pas, elle se maintient ou augmente, et le sodium ne forme aucune couche protectrice sur l’acier. L’adoucisseur est fait pour l’eau chaude sanitaire et les appareils ménagers. Pour un circuit fermé, c’est de l’eau déminéralisée qu’il faut — et le risque le plus concret est celui d’un adoucisseur installé juste à côté de la vanne de remplissage du chauffage.
Que signifie une conductivité de 93 µS/cm dans un circuit de chauffage ?
Que l’eau est pratiquement déminéralisée, donc que le circuit a été rempli dans les règles de l’art. Une eau de réseau suisse ordinaire se situe entre 300 et 600 µS/cm. Sous 100, on est dans le régime dit pauvre en sels, celui qui limite les courants de corrosion. Attention toutefois : une conductivité basse ne garantit pas à elle seule que le réseau va bien, comme le montre ce dossier où la même eau sortait marron d’oxydes de fer.
Pourquoi croiser le pH et la conductivité ?
Parce qu’un pH élevé impose mécaniquement une conductivité minimale : les ions hydroxyde responsables de l’alcalinité conduisent eux-mêmes le courant. Un pH de 11,6 exigerait à lui seul près de 1000 µS/cm. Si l’appareil affiche un tel pH avec 100 µS/cm, l’une des deux lectures est fausse — presque toujours le pH, car une sonde bon marché non calibrée dérive fortement dans une eau peu conductrice. Ce contrôle est gratuit et évite qu’un chiffre faux se retrouve dans un rapport.
Une eau marron dans le chauffage, est-ce grave ?
Ce n’est pas de la saleté, ce sont des oxydes de fer en suspension : de l’acier qui est passé en solution et qui circule. Cela ne perce pas un tube du jour au lendemain, mais cela indique une corrosion active et cela encrasse progressivement les échangeurs, les vannes et les circulateurs. La bonne réaction n’est pas de vidanger et de remplir — chaque remplissage réintroduit de l’oxygène — mais de faire analyser l’eau avant de la remplacer.
Faut-il ajouter un inhibiteur de corrosion ?
Éventuellement, mais jamais avant l’analyse : un produit ajouté fausse le résultat du laboratoire et fait perdre la seule occasion de comprendre ce qui se passe. Il faut par ailleurs connaître le volume réel du circuit, puisqu’un inhibiteur se dose en pourcentage de ce volume — d’où l’intérêt de compter les litres pendant le remplissage. Et un inhibiteur ne remplace pas la recherche d’une entrée d’air : il masquerait le symptôme sans traiter la cause.
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Les gestes de cet article, en fiches

Le détail pratique derrière le récit — cliquez sur une fiche.

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L’adoucisseur à côté de la vanne de remplissage

Dans beaucoup de sous-sols, l’adoucisseur d’eau sanitaire se trouve à quelques mètres de la vanne de remplissage du chauffage. Tôt ou tard, quelqu’un de bien intentionné s’en sert — concierge, autre corps de métier, propriétaire — parce que « c’est l’eau traitée, c’est la bonne ».

Pourquoi c’est faux : un adoucisseur n’enlève pas les sels, il échange le calcium et le magnésium contre du sodium. La conductivité ne baisse pas, elle se maintient ou monte, et le sodium ne forme aucune couche protectrice sur l’acier. On obtient une eau plus corrosive que l’eau de réseau brute, sans le calcaire pour le faire remarquer.

Le geste : le dire à voix haute sur le chantier, et coller une étiquette sur la vanne de remplissage indiquant avec quoi ce circuit se remplit. Une consigne qu’on suppose connue n’est pas une consigne.

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Reconnaître le métal en trente secondes, avec une lampe

3014 °fH RÉSEAU A°fH RÉSEAU B MÊME COMMUNE

Le diagnostic d’une corrosion dépend entièrement du métal que l’eau touche, et c’est là qu’on se trompe le plus facilement. Les tubes en acier au carbone à sertir utilisés en chauffage portent une couche de zinc à l’extérieur seulement, pour le stockage et le montage : sous le calorifuge, ils ressemblent trait pour trait à du tube galvanisé, alors qu’à l’intérieur c’est de l’acier nu. Noter « galvanisé » d’après l’extérieur, c’est partir des mois sur une fausse piste.

La vérification : regarder l’intérieur du tube — par la perforation, par un raccord ouvert ou par une extrémité coupée. Brillant et argenté : galvanisé à l’intérieur. Gris sombre ou noir : acier nu. Chercher aussi l’impression longitudinale du tube sous l’isolant, et le marquage des raccords à sertir. Puis photographier : c’est la donnée qui décide de ce qu’on propose et de ce avec quoi on remplit.

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L’échantillon. L’eau ancienne est le seul témoin de ce qui s’est passé dans le réseau ; une fois remplacée, il n’y a plus rien à analyser. Une bouteille remplie à ras bord, sans bulle d’air, bouchée, étiquetée avec la date, l’heure et le point de prélèvement. Et surtout : n’ajouter aucun produit — inhibiteur ou traitement — avant d’avoir le résultat, sous peine de fausser l’analyse.

Les litres. Un réseau vide est la seule occasion de connaître son volume réel, un chiffre que presque aucun bâtiment ne possède. Il sert à doser un inhibiteur (qui se dose en pourcentage du volume), à dimensionner un désembouage ou un filtre, et à justifier ce qui est facturé. Remettre le totalisateur à zéro avant le premier litre, vérifier que l’appareil est dans le bon mode, et ne plus le réinitialiser même si le remplissage s’interrompt.

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5 µS

L'eau qui remplit un circuit de chauffage y reste des années : chaque litre d'eau dure apporté y dépose son calcaire sur les surfaces les plus chaudes — l'échangeur de la chaudière — et ses minéraux favorisent la corrosion. C'est pourquoi les installations modernes se remplissent à l'eau déminéralisée ou adoucie, souvent via une simple cartouche de remplissage.

Le critère : ce sont les appoints répétés qui tuent. Si vous rajoutez de l'eau tous les mois, le problème n'est pas la qualité de l'appoint mais la fuite qui l'exige — faites-la chercher. Un circuit étanche, rempli une fois à l'eau traitée, reste stable pendant des années.

Lire le manomètre de chauffage

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Conductivité (µS/cm)

µS/cm

La conductivité mesure la facilité avec laquelle l'eau conduit le courant électrique — et comme ce sont les minéraux dissous qui conduisent, elle résume en un seul chiffre la charge minérale totale. Eau très pure : quelques µS/cm. Eau du robinet : quelques centaines. C'est l'indicateur favori du technicien, parce qu'il se mesure en trois secondes.

Le geste : un testeur de poche suffit pour suivre une installation. En sortie d'osmoseur, une conductivité qui remonte au fil des mois annonce une membrane fatiguée. Dans un circuit de chauffage, une valeur basse et stable est la signature d'une eau de remplissage correctement traitée.

Osmose inverse : la vérité

Traitement de l'eau

pH de l'eau

pH

Le pH situe l'eau entre acide et basique, 7 étant le point neutre. Il ne se goûte pas, mais il décide du comportement de l'eau dans vos conduites : trop acide, elle dissout lentement les métaux — le cuivre en particulier ; nettement basique et dure, elle précipite davantage de calcaire sur les points chauds de l'installation.

Le critère : des traces bleu-vert dans un lavabo ou sous un robinet signalent du cuivre dissous — une eau agressive à faire analyser, surtout sur un puits privé. L'eau distribuée en Suisse est surveillée pour rester non agressive : sur le réseau public, le pH est rarement votre problème.

Traitement de l'eau

Chauffage

Inhibiteur de corrosion

L'inhibiteur de corrosion est un additif qui protège l'intérieur du circuit de chauffage : il forme un film sur l'acier, l'aluminium et le cuivre et ralentit fortement la formation de boue. Indispensable dans les circuits mixtes et après tout désembouage — sinon la corrosion repart de zéro, souvent plus vite qu'avant.

Le point que le bidon ne dit pas : chaque appoint d'eau dilue le produit. Un circuit où l'on rajoute régulièrement de l'eau finit sous-dosé sans que personne ne s'en aperçoive. La concentration se mesure avec un test simple : demandez-le lors de l'entretien annuel, surtout si vous avez complété la pression plusieurs fois dans l'année.

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Traitement de l'eau

Analyse d'eau en laboratoire

Dureté, pH, fer, manganèse, nitrates, germes : une analyse en laboratoire donne des chiffres, là où le vendeur d'appareils donne des arguments. C'est la seule base sérieuse pour décider s'il faut adoucir, filtrer, désinfecter — ou ne rien faire du tout. Traiter une eau qu'on n'a pas mesurée, c'est prescrire sans ausculter.

Le critère : ne signez jamais pour un appareil de traitement sans avoir vu des valeurs mesurées sur votre eau. En Suisse, votre distributeur publie déjà la dureté et les paramètres principaux de votre commune : commencez par là, c'est gratuit. L'analyse privée se justifie pour un puits, un goût suspect ou un litige.

Traitement de l'eau

Traitement de l'eau

Adoucisseur

Une résine échange les ions calcium/magnésium (le calcaire) contre du sodium, puis se régénère avec du sel. Résultat : plus de tartre dans le boiler, la robinetterie et les appareils.

Le verdict honnête : en dessous de 15 °fH, il ne se justifie pas ; entre 15 et 25, c'est du confort ; au-delà de 25 °fH, il se défend vraiment. Et un adoucisseur en panne ne fait pas de bruit — le contrôle qui compte, c'est mesurer la dureté en sortie.

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